Anti-mythe #1 : Grosse tête = Grand QI

par | 27 Mai. 2020 | 0 commentaires

Je vous propose une série d’articles pour faire le point sur les croyances concernant notre cerveau.

Pour commencer : L’intelligence est-elle en relation avec la taille du cerveau ?

Modélisation du cerveau

Vous avez sans doute déjà entendu affirmer que certaines personnes sont plutôt « cerveau droit ou cerveau gauche » en fonction de leurs capacités créatrices ou, au contraire, de leur esprit rationnel ; peut-être croyez-vous que plus un cerveau est volumineux plus une personne est intelligente ou que vous n’utilisez que 10% de vos capacités cérébrales alors que vous lisez cet article ?

Les neuromythes, ce que nous pensons savoir.

Avec l’aide des neurosciences, je vous propose dans cette série d’articles d’essayer de faire la part des choses entre vérités et croyances populaires sur ce que nous appelons les neuromythes.
Certains neuromythes émanent de distorsions d’études scientifiques, c’est-à-dire qu’ils proviennent de simplifications excessives de résultats scientifiques complexes. Ils peuvent également provenir d’explications scientifiques dépassées ou dont les origines sont incertaines.

Je commence donc cette série d’articles pour vous présenter un concept qui a la vie dure :

Anti-mythe #1 : Le volume du cerveau définit l’intelligence.

C’est une croyance tenace. Certains utilisent même cet argument dont l’origine remonte au début du 19ème siècle pour affirmer que les hommes seraient plus intelligents que les femmes, compte-tenu qu’ils possèdent un cerveau en moyenne 13 % plus volumineux que ces dernières. Cet argument a été également largement utilisé pour essayer de justifier une supériorité intellectuelle du caucasien sur les africains et les asiatiques.

C’est un mythe !

Le volume cérébral chez l’humain se situe aux alentours de 1400 cm3, ce qui le place en tête devant les grands singes, avant le gorille (750 cm3).

Si l’on analyse l’évolution des cerveaux des hominidés, les paléoanthropologues ainsi que les paléoneurologues nous expliquent qu’il existe globalement une augmentation du volume cérébral depuis les 7,5 millions d’années d’évolution qui on succédé à la séparation des lignées homme/singe. Nos premiers ancêtres, les australopithèques, possédaient un cerveau à peine plus grand qu’un chimpanzé (400 à 550 cm3) pour évoluer jusqu’à Neandertal, avec un cerveau atteignant 1520 cm3.

Au cours de cette évolution, de nouvelles zones du cortex se sont développées. Le fonctionnement des deux hémisphères cérébraux a évolué selon des spécificités plus prononcées des fonctions connexes mais spécifiques. Le langage et d’autres capacités cognitives avancées dont celles de la conscience de soi, de la capacité à anticiper mais aussi de la faculté à élaborer des structures sociales complexes ont émergé.

C’est donc avec un cerveau conséquent de 1500 cm3 que notre espèce Homo sapiens fait son apparition il y a 300 000 ans. Mais depuis 28 000 ans notre cerveau rétrécit significativement.(1) Le volume cérébral d’Homo sapiens est redescendu en moyenne à 1400 cm3.

En résumé, après avoir constamment évolué chez l’hominidé, le volume cérébral est toujours en régression depuis bientôt trente millénaires. Si nous devions considérer que notre intelligence ne dépende que du seul volume cérébral, alors l’Homme de Neandertal ou les premiers Homo-sapiens seraient plus intelligents que nous (ce qui est toutefois possible) et que le QI de l’humanité serait en phase de régression, ce que ne semblent pas suggérer les dernières études à ce sujet.

De l’inné et de l’acquis

Le développement de l’intelligence d’un individu se construit essentiellement sur des facteurs innés et acquis qui ont été identifiés comme étant génétiques, sociaux et environnementaux.

Les recherches on démontré que le développement de certaines capacités cognitives était associé à la présence de certains gènes ; le FOXP2 dans le développement du langage, le Huntingtine (HTT) dans les capacités cognitives supérieures, le Klotho qui aurait un impact conséquent sur le QI en sont quelques exemples.

Un cerveau héritant d’un patrimoine génétique favorable bénéficierait donc d’un premier facteur d’intelligence.

L’environnement social et familial dans lequel l’enfant de développe, l’éducation, la stimulation intellectuelle, le niveau de stress vécu mais aussi les expositions à des substances toxiques sont d’autres facteurs qui vont influencer le développement de son QI.

La performance de notre cerveau se résume donc essentiellement à un patrimoine génétique ainsi que sur la manière dont il se développe plutôt que sur son volume.

Le cerveau d’Albert Einstein a été étudié après sa mort. Saviez-vous qu’il était plus petit de 10% que la moyenne ? Le QI d’Einstein, ramené aux standards actuels, était estimé à environ 160 (2), capable de conceptualiser des dimensions « impensables » pour l’époque ! Plus récemment en 2019, Tara Sharifi, une pré-adolescente iranienne de 11 ans dont le cerveau doit encore se développer a atteint le score de 162.

Des petits cerveaux particulièrement efficaces !

Donc si vous avez des connaissances qui ont pris la grosse tête, soyez assurés que cela n’améliorera pas leur QI 😉

(1) Antoine Balzeau (CNRS/ MNHN) et Dominique Grimaud-Hervé.
(2) 90% de la population possède un index moyen de QI situé entre 90 et 110 sur le standard WAIS IV.

La parution du prochain article de cette série sur les anti-mythes du cerveau sera annoncée dans ma newsletter.

Merci d’avoir pris le temps de me lire !

Je propose des coachings en thérapies brèves et hypnose dans mon cabinet à Lausanne et à distance par visio-conférence sécurisée.

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Jef

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